Voyage

La côte sud du Brésil : de Rio à Florianopolis

En route pour Paraty, petit paradis inscrit à l’UNESCO

Après nos quelques jours à Rio on reprend la route avec Yvaou, direction Paraty. C’est une petite ville touristique super jolie, avec des maisons coloniales très colorées. Ici on se trouve un spot on ne peut plus près de la plage pour garer notre combi, on fait des belles photos sous le soleil pour se la raconter un peu et vous narguer depuis l’autre bout du monde… Puis trois minutes plus tard on se prend une énorme averse sur la tête. C’est là qu’on s’aperçoit que le van a quelques fuites, rien de méchant, un bol suffira pour récolter la pluie ! Après une lessive à la main express, on étend notre linge tels des squatteurs et on fait un tour à la plage.

Nous partons ensuite nous balader dans les rues de Paraty, l’averse de tout à l’heure a remplie les rues de (f)lacs d’eau, ce qui nous permet de faire des photos d’artistes par-ci, par-là. N’est ce pas ? Les rues sont régulièrement submergées par l’eau de pluie ou la marée !


Le soir venu on trouve une guesthouse qui nous ouvre ses portes pour que l’on puisse prendre une petite douche, un confort que l’on savoure pleinement avant de se rendre dans un restaurant turc pour le diner, à Istanbul Parati, un délice ! On est loin du kebab de fin de soirée c’est moi qui vous l’dis !

La magnifique cascade de Saco Bravo

Le lendemain nous reprenons la route direction le sud de Paraty : praia de Sonho. Nous trouvons de quoi nous stationner chez un habitant qui nous propose une journée + une nuit avec douche et toilettes super propres à disposition pour 10 reals (2,10€), on prend !
Il est 10h00, nous entamons notre petite rando de la journée, direction la cachoeira Saco Bravo, une magnifique cascade perchée entre rochers et océan. On vous laisse imaginer… Seulement elle n’est pas si facile d’accès cette cascade, ça serait trop facile. Il faudra marcher une heure (à notre rythme de sportif aguerri, comptez 1h30 si vous estimez plutôt être un sportif du dimanche !) pour accéder à la praia de Sonho (plage de rêve) puis de cette plage on a le choix entre continuer la randonnée sur 12km ou prendre un raccourci bateau (c’est un vrai bateau hein, ce n’est pas un raccourci lambda) qui nous permet de gagner 6km de marche. Les sportifs aguerris choisiront quand même l’option bateau. Bah quoi ? Il est déjà 11h, le soleil tape trop pour se taper les 12km à pied !!! Et il faut aussi penser au retour…
Donc le bateau moteur trace et nous emmène à la praia Punta Negra (plage de la pointe noire, mais vous l’aviez n’est-ce pas ?) de là on rechausse nos baskets pour les 3 derniers km, ça grimpe, grimpe, grimpe ! On a chaud, vraiment très chaud ! Cathrine Laborde annoncait 42 degrés pour cette journée, idéal pour une rando vous ne trouvez pas ?
Après 1h15 d’ascension harassante, nous arrivons au dessus de la cascade et on découvre un paysage incroyable. Il y a déjà quelques brésiliens sur place qui nous aiguillent pour franchir les derniers mètres. Il faut descendre le long de rochers et s’aider d’une corde ! On sort notre pic-nic : sandwich pain de mie à la tomate, un vrai festin ! Et on profite de la baignade dans l’eau douce.
Le retour se fera au pas de course pour arriver avant la nuit dans le jardin de notre hôte, une bonne douche et un gros dodo.

De Trindade à Sao Paulo : le début des ennuis

Nous reprenons ensuite la route direction Trindade, une plage bondée de brésiliens en cette saison estivale, on passera quelques heures ici en alternant baignade et lecture, une journée vraiment épuisante…
Nous décidons de poursuivre notre route direction Sao Paulo. Nous devons y retourner pour récupérer les derniers papiers du combi qui sont enfin prêts !
5h nous séparent de Sao Paulo, seulement, vous allez voir, la route ne sera pas si évidente…
Au début, tout se passe bien, la route est belle et facile. Puis le jour commence doucement à tomber et on se dirige vers un col de montagne qu’on n’avait pas vraiment prévu. Et autant en France on fait des routes en lacet pour franchir les cols, autant au Brésil ils se prennent moins la tête, c’est quasiment du tout droit ! Ca monte, ça monte beaucoup même… On est en train de créer un bouchon énorme et on sert les fesses pour qu’Yvaou tienne le coup. On peine à monter en première ! Quand soudain le voyant du radiateur s’allume sur le tableau de bord, en pleine montée. Tout juste le temps de se garer sur le côté puis couper le moteur. Warning en route, on jette un œil au moteur… On se dit que le mieux c’est de le laisser se reposer quelque minutes puis de faire demi tour et redescendre plutôt que continuer la grimpette.
20 minutes plus tard nous voilà repartis, on fait même pas 100 mètres que le moteur se coupe. On se met une nouvelle fois sur le bas côté, cette fois ci le moteur ne redémarrera plus. Je vous laisse imaginer la scène, il fait maintenant nuit, un orage pointe le bout de son nez, nous sommes garés en plein col de montagne et la cerise du gros gâteau qu’on est en train de déguster c’est qu’il n’y a pas de réseau.
Je propose à Charly de dormir ici… Pas le choix ? Demain il fera jour, on marchera un peu pour trouver du réseau et une solution.
Bien moins optimiste que moi il se pose un tas de questions :
-« Comment on va faire ? Si ça se trouve on a bousillé le moteur ? Ça fait que deux semaines et on a déjà plein de galères, tu penses que c’est bien de le garder ? »
-« Relativise, on verra demain, c’est que du matériel. On prend l’apéro ça va nous détendre ? »
Une bière, des cacahuètes, un jeu de dé… Et une dépanneuse !!!!! Oui oui, pendant notre petit apéro improvisé une dépanneuse débarque de nul part tel un miracle ou un mirage et nous demande si on a besoin d’aide. Évidemment que oui ! Génial !

Le dépanneur, ce saint homme

On charge le combi sur la dépanneuse en une quinzaine de minutes sous une pluie battante. Le dépanneur nous demande si on a une assurance véhicule. Évidemment que non ! (Ce n’est pas obligatoire au Brésil et puis même si on en avait une, les gringos que nous sommes se feraient toujours avoir par les locaux…) il nous regarde avec une grimace qu’on interprète comme un « ça va vous coûter cher les amis ! »…Pas vraiment le choix, on doit redescendre ! Sur le chemin, je demande au conducteur si ce service va nous couter cher, il me répond avec un grand sourire « si muito carro » pour ceux qui n’aurait pas compris, ça va nous couter un bras… On en pleure déjà ! On se fait déposer tout en bas, dans une station essence ou l’on passera la nuit. Au moment de dire au revoir à notre sauveur et de payer la douloureuse, il nous explique en rigolant que c’est un service GRATUIT ! Cette route est réputée pour les pannes de voitures, il passe donc ses journées et nuits à faire le chevalier servant et dépanner les gens. Wahou, génial, on est tellement contents !!!

La fin des galères… Vraiment ?

On reprend nos esprits en grignotant quelques empenadas achetées dans la station essence en guise de diner. C’est digne d’un sandwich d’air d’autoroute, plus que sec mais ça fait du bien ! Nous échangeons quelques messages Whatsapp avec notre garagiste de Sao Paulo pour lui raconter notre aventure. Il nous demande si le réservoir d’eau est au bon niveau. Quel réservoir d’eau ? Il faut mettre de l’eau dans ce combi ?
Il nous répond que c’est un moteur a refroidissement à eau… Et qu’évidemment il faut faire les niveaux d’huile et d’eau assez souvent.
Ah nous y voilà… Effectivement, le réservoir est plus qu’à sec…
On passera une très courte nuit pour laisser refroidir le moteur puis tenter de remettre de l’eau et voir si le moteur tourne de nouveau. Miracle le moteur se remet en route. Nous filons vers le garage le plus proche pour vérifier si on n’a pas fait trop de casse. Nous trouvons une équipe de mécanos adorable qui nous changera quelques pièces en 2h pour pas grand chose et nous voilà de nouveau sur la route. On se souviendra qu’il faut surveiller l’eau du réservoir maintenant… Aie aie aie !

Repos de quelques jours à Sao Paulo !

Nous arrivons finalement à Sao Paulo après 5h de route, tout contents de rentrer chez nous nos amis, de pouvoir faire une bonne lessive, prendre une douche et dormir dans un grand lit ! On vide le combi de nos affaires puis au moment de refermer la porte latérale, (celle qui est tombée à Rio et que l’on n’osait plus ouvrir depuis oui, oui…) elle nous reste dans les mains, ou plutôt nous tombe sur les pieds… Sacrée journée !!!
On souffle un bon coup chez Fernanda et Bruno autour d’une pizza, demain tout ira mieux, on l’emmène au garage pour réparer la porte et changer deux trois bricoles sur la direction assistée. Ça vous fait rêver la vie en van ? Nous aussi ! 😉
Combi réparé, nous avons tous les papiers en poche, les nouvelles plaques d’immatriculation installées, on peut enfin quitter Sao Paulo ! Et faire un gros câlin à Fernanda et Bruno qui nous ont énormément aidé pendant ces presque 4 semaines chez eux et qui vont beaucoup nous manquer.

Direction Florianopolis, Floripa pour les intimes.

On pense faire la route en deux jours mais c’est sans compter les pannes imprévues… Un moteur capricieux qui a du mal a démarrer après une pause déjeuner. Qui finalement se remet a fonctionner et qui nous lâche en pleine autoroute. Des phares qui ne s’allument plus, un autoradio qui fait n’importe quoi, une caméra de recule en grève elle aussi et un moteur qui ne veut plus se couper même après avoir enlever les clés… Après une courte visite chez un électricien, tout est remis en place. D’après notre mécano Zé, une panne électrique, ça ne prévient pas, on n’a pas eu de chance (Ah bon ?) mais ça se répare facilement et on sera vite repartis !

Arrivés à Florianopolis le troisième jour, on chausse nos baskets pour se rendre sur les hauteurs et admirer la plage. La vue est plutôt sympathique et le temps gris et les 10 degrés en moins nous vont très bien pour faire la sieste !

Le soir, c’est concert au centre ville avec un petit marché dans le centre de Florianopolis. Nous rencontrons un francophone du Gabon qui vit au Brésil pour ses études. Il tient un stand de vêtements africains au marché et propose aussi de la géomancie (de la divination par les pierres) et il me propose un petit aperçu de cette « science ». Nous sommes un peu sceptiques avec Charly déjà parce qu’il remplace les cailloux par des coquillages et surtout parce que ses divinations ne semblent pas du tout exact. Mais c’est un chouette moment et on rigole bien avec lui.

Nous serions bien restés un peu plus longtemps à Floripa mais nous devons nous rendre en Uruguay. Il nous reste plus que 6 jours avant de devoir quitter le Brésil et vu qu’Yvaou peut parfois se montrer quelques peu capricieux (juste un peu) on préfère assurer nos arrières et partir avec une longueur d’avance. On a bien fait…Après s’être arrêté dans un camping improvisé le long de la plage, notre pneu arrière nous lâche, bagatelle me direz vous ? Effectivement, une si petite panne réglée en quelques minutes avec un bon cric. Ah oui mais non, le notre n’est pas si bon, on a donc dû en trouver un autre pour pouvoir changer la roue. Après 1h de bonne galère on trouvera facilement un garage exceptionnellement ouvert ce jour, oui on est dimanche sinon c’est pas drôle ! Deux pneus arrières changés. Attention, à tout moment, on est prêt pour crever une seconde fois, les nouveaux pneus ont l’air neufs mais plus petits que ceux de devant, on à l’impression que les pneus sont pas ultra costauds, il y est même écrit dessus que le poids maximum est de 450kg, on en est loin je crois. On a pourtant insisté auprès du mécano en lui expliquant qu’ils étaient trop petits, il nous a assuré que c’était les bons et qu’il n’y aurait pas de problème. Nous espérons qu’il connait son métier…
Ah quelle l’aventure !!! Et elle ne fait que commencer.

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